Pourquoi voler est-il essentiel ?

 

 

« Les perroquets n’aiment pas voler en captivité. Ils préfèrent grimper. »

Je l’entends trop souvent celle-ci !

Les perroquets sont certes d’excellents grimpeurs, comme en témoigne la disposition zygodactile de leurs pattes (deux doigts à l’avant, deux doigts à l’arrière).

Pour autant, les perroquets sont également d’excellents voiliers ! Ils sont même bien meilleurs voiliers que grimpeurs.

Savez-vous que la plupart des espèces, que nous avons chez nous à titre d’oiseau de compagnie, sont des voiliers endurants, capables de parcourir d’une seule traite plusieurs dizaines, si ce n’est CENTAINES de kilomètres par jour à l’état sauvage ?

Nos perroquets de compagnie, bien que nés et élevés en captivité, restent des animaux sauvages. Ce qu’ils sont capables de faire dans leur environnement d’origine, ils sont également capables de le faire dans ce contexte captif… si bien sûr, on leur en donne les moyens.

Ils en sont capables, pour la simple et bonne raison que des MILLIONS d’années d’évolution les ont amenés à être ce qu’ils sont aujourd’hui.

Malgré ce FAIT avéré que les perroquets sont par nature d’excellents voiliers, en captivité il se trouve, malheureusement, que de nombreux, trop nombreux oiseaux éprouvent des difficultés à maîtriser leur vol. Ainsi la plupart des propriétaires conclurons maladroitement que leur oiseau est « particulier » parce qu’il ne vole pas, ou peu, et ne semble pas y éprouver de plaisir.
Pourquoi une telle différence avec les perroquets sauvages ?

La réponse est pourtant simple : Ils ne disposent pas du même environnement !

La maîtrise du vol n’est pas inné, bien qu’instinctivement les oiseaux connaissent le mouvement de base, les jeunes doivent apprendre à voler. Ils doivent apprendre à évaluer les distances, monter, descendre et adapter les trajectoires en fonction des contraintes du milieu (environnement, météo, vent).

Les lacunes et difficultés exprimées par les perroquets captifs sont la conséquence d’un apprentissage incertain, insuffisant, aléatoire.

Dans un espace restreint, un perroquet ne peut raisonnablement pas s’exercer au vol comme sa nature le lui dicte. Par ailleurs, la plupart des jeunes perroquets ont tendance à se casser la figure, voire se blesser lors de leurs premiers vols au sein d’une volière ou d’une maison (ce qui est normal et inévitable).
Etre intelligent qu’il est, le perroquet adoptera alors d’autres stratégies de locomotion pour éviter les chutes et les blessures. La grimpette et la marche à pattes seront les options préférées.
Comment éprouver du plaisir, si les rares expériences d’envol se sont terminées par une mauvaise chute ?

Ah ! Votre maison est grande ?
Croyez-moi que pour un grand perroquet tel qu’un ara ou un cacatoès, voire même un gris du Gabon ou une amazone, votre maison ne sera jamais assez grande pour un bon apprentissage du vol !
Il leur faut bien plus d’espace ! Hangar, manège fermé, harnais + longe, spacieuses volières… les idées sont nombreuses, à vous d’appliquer.

Les expériences répétées d’envolées infructueuses du jeune perroquet génèrent tout simplement de l’appréhension. Cette appréhension causera, lentement mais sûrement, un manque d’assurance et de confiance en ses capacités à voler.
Puis, ce manque de confiance générera inévitablement des troubles du comportement (stéréotypies, cris répétés, agressivité exacerbée) reliés à un état hyper anxieux.

Le perroquet est une proie, il A BESOIN de savoir qu’il peut s’envoler. Car s’envoler, c’est échapper à un danger potentiel ou avéré. S’envoler, c’est vivre (rechercher un abri, suivre le groupe social) et survivre (échapper aux prédateurs, se nourrir, s’abreuver…).

Si le perroquet redoute l’envol (la chute), alors il se sentira inévitablement vulnérable, expliquant ainsi l’état de stress prolongé.

Apprendre à voler est indispensable. Apprendre à BIEN maîtriser son vol, est essentiel.

Si nos perroquets vivent mal leur captivité, s’ils développent des problèmes, c’est aussi parce que nous ne les encourageons pas suffisamment à expérimenter le vol.
Le vol n’est pas secondaire, il est un besoin primaire et déterminant dans le développement physique et psychique de nos oiseaux.

Lorsque l’on adopte un perroquet, non seulement on l’accepte dans son intégrité (aimer c’est respecter), mais il est également de notre devoir de lui permettre d’apprendre à pleinement maîtriser ses ailes… pour avoir confiance en son vol, pour avoir confiance en lui.

Margaux Deman

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