Stimuler/occuper ses perroquets

Les journées sont souvent longues pour un animal qui passe la plus grande partie de son temps dans sa cage, à attendre que son partenaire humain daigne s’occuper de lui !

Les perroquets n’ont pas vraiment l’occasion de s’ennuyer dans la nature, et s’il y a bien une activité qui prend beaucoup de temps, c’est la recherche alimentaire ou « foraging » en anglais.

En captivité le perroquet se contentera d’une gamelle bien garnie et fournira un effort minimal pour atteindre son contenu. Si à l’état sauvage les animaux sont partisants du moindre effort, c’est pour « gagner du temps », c’est à dire arriver à combler tous leurs besoins en une journée, question de survie.

Nos perroquets captifs n’ont pas à se presser, bien au contraire puisque ils arrivent à s’ennuyer et à combler cet espace temporel avec des activités qui ne sont pas toujours de notre goût (mauvaises habitudes comportementales par exemple, sur-alimentation, léthargie, sur-lissage…). Des activités ou inactivités qui témoignent directement d’une maladaptation du perroquet aux conditions captives, encore une fois.

Occuper la journée de ses perroquets est donc primordial. Bien entendu, il sera plus facile de remplir et stimuler leur quotidien avec des congénères et un grand espace disponible.

Les jouets sont une première bataille contre l’ennui, mais nos oiseaux intello se lassent vite, aussi beaucoup ne savent pas explorer ou sont inhibés dans leurs attitudes de recherche ou de destruction. Il est important de prendre le temps d’apprendre à un perroquet à s’occuper, surtout quand nous ne sommes pas disponibles. C’est un problème fréquemment observés avec les EAM*, nombreux sont ceux incapables de s’amuser en l’absence de leur partenaire humain.

On entend trop souvent que nos chers compagnons plumés sont adeptes de la routine. Il n’en est rien ! Dans la nature aucune journée ne ressemble à la précédente. En captivité il doit en être de même pour stimuler la grande intelligence de ces animaux.

La routine peut même s’avérer néfaste, car les oiseaux s’en accomodent et sont ainsi encouragés à ne pas accepter la nouveauté, soit à développer des comportements néophobiques. 

Stimuler, capter l’attention et occuper sont les 3 maîtres mots à respecter pour épanouir son compagnon.

Les animaleries et sites spécialisés proposent toujours plus de choix dans les jeux. Il est important de prendre des objets différents, tant sur la forme, la taille que la couleur ou la matière.

On voit trop souvent chez des particuliers des cages pleines à craquer ou au contraire qui ne présentent qu’un seul type de jouet…

L’une comme l’autre sont des situations à éviter ! L’idéal est de ne proposer que 3 ou 4 jeux très différents et de les remplacer par d’autres de temps en temps, puis les remettre à de nouveaux emplacements dans la volière, sur la volière, sur le fond (propre) ou fixés à l’extérieur. Les jouets doivent donc tourner. Cette méthode permet de renouveler l’intérêt pour un jeu qui au début n’avait pas capté l’attention par exemple, elle évite aussi la monotonie et désensibilise aux changements tout en incitant à jouer.

Le foraging est encore trop négligé, pourtant il peut occuper des perroquets de nombreuses heures et résoudre des troubles du comportement en comblant simplement le besoin inné de la recherche de nourriture. Il existe des jouets conçus pour ce type d’activité, mais inutile de débourser des fortunes, les amusements les plus simples sont souvent les plus appréciés.

Voici quelques exemples faciles à faire et validés par un commité d’experts à plumes 😉 : les fruits présentés en brochettes accrochées à la cage ou aux perchoirs, au lieu d’être découpés dans l’aujet, des pommes de pin entières accrochées ou sur le sol, des graines dans des morceaux de tissus (propres) ou vieux vêtements découpés, dans des boulettes de papier, des rouleaux en carton, des boîtes, ou cachés sous des caillous dans une bassine, dans des coquilles d’oeufs. Plus simplement des graines éparpillées sur le sol propre, qui reproduit parfaitement le comportement de recherche de certaines espèces (les calopsittes par exemple).

Encore une fois, les choses les plus simples sont les plus efficaces et distrayantes, de simples branches de bois naturelles, bien ramifiées et pourvues de fleurs, de feuilles, de fruits, feront le bonheur de ces oiseaux au fort potentiel de destruction. Retirer l’écorce, se délecter de la sève, des fleurs ou découper les feuilles les occuperont des heures durant. Toutes les plantes naturelles ne sont pas conseillées, certaines ont une teneur très élevée en tannins, une substance au goût amer et potentiellement toxique. Il est préférable de leur proposer des espèces courantes d’arbres fruitiers ou plantes invasives (noisetier, bambous, peuplier, frêne, bignone, albizia, pissenlits, coquelicot, chèvre-feuille, platane, pin maritime…) . En plus de les occuper, ces mets naturels leur apporteront des vitamines et minéraux bénéfiques pour leur santé.

Il suffit de laisser libre cours à son imagination et varier régulièrement les activités. Les perroquets devraient pouvoir fourrager tous les jours en captivité, exactement comme dans la nature.

Un oiseau qui a des journées bien remplies et diversifiées sera bien dans ses plumes, curieux, aventureux, indépendant et peu disposé à développer des troubles du comportement liés à l’ennui ou la néophobie (crainte de la nouveauté/du changement).

Margaux DEMAN, copyright 2013

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