Mon perroquet est dominant

« Mon perroquet est dominant ».

NON !

Un perroquet n’est PAS dominant, il ne se positionne pas en hauteur pour vous dominer. Il n’agresse pas non plus pour instaurer son statut dans la hiérarchie.
Un perroquet peut agresser pour mille une raison, mais JAMAIS pour vous dominer.

Pourquoi ?

Les perroquets sont des animaux sociaux et vivent en groupe plus ou moins importants à l’état sauvage.
Les groupes sont fluctuants au cours de la journée, ainsi ils n’ont pas de structure sociale stable.
Si les perroquets devaient ritualiser à chaque arrivée ou départ de nouveaux individus dans le groupe ils n’auraient plus le temps de vivre ou de survivre, surtout lorsque l’on parle de groupe de plusieurs centaines voire milliers d’individus (comme les gris du Gabon, cacatoès, conures, amazones…etc).

L’instauration d’une hiérarchie est bénéfique dans un groupe stable, et permet de favoriser la survie des individus. On l’observe chez de nombreuses espèces animales, proies et prédateurs, mais très rarement chez les oiseaux (elle existe chez certains groupes d’espèces).

Chez les Psittaciformes, ou la plupart en tous cas, ce qui importe c’est la formation d’un couple soudé, et non d’un groupe social stable.

Par définition, comme le perroquet est un animal sauvage, ce qui n’existe pas dans la nature n’existe donc pas en captivité.

En captivité les groupes sont stables, et on observe de nombreuses agressions entre les oiseaux, souvent générées par les mêmes individus. Ce sont ces observations qui nous poussent à croire que l’individu qui agresse le plus est dominant, et qu’il indique ainsi aux autres sa place dans la hiérarchie.
Pourtant, l’explication est toute autre.

Les agressions sont nombreuses en captivité parce que l’environnement de vie ne permet souvent pas aux oiseaux de les éviter (et pire encore avec des perroquets aux plumes de vol coupées).
La compétition pour l’espace est rude et justifie la fréquence des attaques.

Dans la nature, les attaques ont lieu mais les oiseaux ont l’infinité du monde pour les éviter.
Un perroquet peut se montrer particulièrement agressif, mais cette agressivité sera CONTEXTUELLE.

Ainsi, dans un contexte A, un perroquet X peut systématiquement agresser un perroquet Y.
Puis, placés dans un contexte B, le perroquet X peut se faire agresser par le perroquet Y.

S’il s’agissait effectivement d’une relation de dominance/subordination, les interactions ne changeraient pas en fonction du contexte.
La hiérarchie permet justement au groupe de rester stable et cohérent quel que soit le contexte, ce qui n’est pas le cas chez les perroquets.

Le perroquet qui se place en hauteur sur un perchoir peut mordre et attaquer avec plus d’assurance, non pas parce qu’il est dominant, mais simplement parce qu’il se sent plus en sécurité.

Le perroquet est une proie, il ne raisonne pas comme nous.
Disposer de hauts perchoirs est une nécessité pour que l’oiseau se sente bien, et surtout en mesure d’échapper à un danger provenant du sol.
Les problèmes de morsures ont d’autres origines que le simple perchoir placé en hauteur !

Bien souvent, on parle de dominance chez les perroquets agressifs parce que, simplement, nous ne les comprenons pas bien ! Il s’agit d’une explication « par défaut » pour expliquer une attitude difficile à analyser.

Un perroquet n’agresse pourtant jamais sans raisons. Même si elles ne sont semblent pas évidentes, elles le sont toujours pour lui. Résoudre des problèmes d’agressivité, que ce soit entre perroquets, ou entre le perroquet et l’humain nécessite une bonne compréhension de la logique aviaire.
Trouver l’explication, c’est trouver la solution.

Certains perroquets, en particuliers les oiseaux qui ont beaucoup d’assurance et qui n’ont pas été correctement socialisés peuvent devenir extrêmement agressifs.
Agressifs, mais certainement pas dominants !

Aucune méthode violente ou contraignante ne permettra de résoudre le problème !
On ne doit jamais corriger un perroquet qui agresse ! Ce serait encore pire de le faire pour le dominer !
L’oiseau ne comprendrait pas votre message… pire encore, cela pourrait générer une aversion vis à vis de vous, voire la peur…

Qui aimerait vivre avec un animal qui a peur de nous ?

Margaux Deman © 2016

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